[COMPTE-RENDU] « Recommencer la philosophie. Stanley Cavell et la philosophie en Amérique » (2014) de Sandra Laugier

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Dans « Esthétique de l’ordinaire », le septième chapitre de Recommencer la philosophie. Stanley Cavell et la philosophie en Amérique [1], Sandra Laugier revient sur la pensée du cinéma élaborée par Stanley Cavell. Pour le philosophe américain, spécialiste entre autres du transcendantalisme et du perfectionnisme émersoniens, une pensée ordinaire du cinéma se doit de dépasser toute théorisation absconse au profit du seul questionnement de l’expérience spectatorielle. C’est pourquoi les cinq ouvrages qu’il consacre au septième art [2] ne développent pas tant, comme le fait par exemple Gilles Deleuze, une série de concepts philosophiques spécifiques à l’art cinématographique que l’idée selon laquelle le cinéma, expérience artistique ordinaire et partagée, nous permet d’échapper à la tentation sceptique et participe, au même titre que la philosophie, d’une forme d’éducation, autrement dit de transformation et de perfectionnement, des adultes.

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[BIOGRAPHIE] Terrence Malick (2nd partie : 1979-1998)

Terrence Malick (Photo by Gary Miller/FilmMagic)

Moins d’une dizaine de films en plus de quarante ans de carrière, un hiatus de vingt ans entre Days of Heaven (1978) et The Thin Red Line (1998), trois interviews accordées, des films teintés de philosophie transcendantaliste et heideggérienne, une absence totale de la scène médiatique, autant d’éléments qui concourent à faire de Terrence Malick un cinéaste aussi rare que mystérieux. Celui qu’on a souvent comparé à Stanley Kubrick n’a d’ailleurs laissé échapper que très peu d’informations le concernant. Pourtant, nombre de fragments biographiques, quelquefois contradictoires, ont été rapportés par ses plus proches collaborateurs et permettent d’esquisser les grandes lignes d’existence du réalisateur de The Tree of Life. Tentative de synthèse biographique. 

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[BIOGRAPHIE] Terrence Malick (1ère partie : 1943-1978)

Terrence Malick

Terrence Malick

Moins d’une dizaine de films en plus de quarante ans de carrière, un hiatus de vingt ans entre Days of Heaven (1978) et The Thin Red Line (1998), trois interviews accordées, des films teintés de philosophie transcendantaliste et heideggérienne, une absence totale de la scène médiatique, autant d’éléments qui concourent à faire de Terrence Malick un cinéaste aussi rare que mystérieux. Celui qu’on a souvent comparé à Stanley Kubrick n’a d’ailleurs laissé échapper que très peu d’informations le concernant. Pourtant, nombre de fragments biographiques, quelquefois contradictoires, ont été rapportés par ses plus proches collaborateurs et permettent d’esquisser les grandes lignes d’existence du réalisateur de The Tree of Life. Tentative de synthèse biographique. 

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[GLOSE] Dire, décrire et penser le « naître » : une gageure philosophique et littéraire ?

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La Naissance de Vénus de Sandro Botticelli (vers 1485)

Evénement existentiel majeur pour certains, hasard ou accident pour les autres, la naissance n’a fait l’objet que de trop rares conceptualisations et idéations philosophiques. Quand, pour sa part, la littérature s’en saisit, c’est pour nous en donner des descriptions et représentations sales, viles et scandaleuses. Aperçu non-exhaustif de quelques-unes de ces « naissances » philosophiques et littéraires.

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[COMPTE-RENDU] « 2001 : l’Odyssée de l’espace. Puissance de l’énigme » de J.-M. Bertrand

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Le monolithe noir est l’une des plus grandes – et des plus belles – énigmes cinématographiques. Il a donné lieu à une multitude d’exégèses toutes plus singulières les unes que les autres. Pourtant, aussi pertinentes et fondées qu’elles puissent paraître, aucune de ces lectures ne finit par convaincre durablement. Dans le second chapitre de son livre 2001 : l’Odyssée de l’espace. Puissance de l’énigme, Jean-Michel Bertrand tente de réfuter les multiples interprétations « territorialisantes » du monolithe et de faire surgir la puissance artistique et expressive propre du mystérieux parallélépipède : ouvrir la pensée et les facultés de voir et de sentir sur leur dehors.

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[COMPTE-RENDU] « Ceci n’est pas une pipe » de Michel Foucault

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La Trahison des images (1928)

Publié aux éditions Fata Morgana en 1973, Ceci n’est pas une pipe [1] est un court texte de Michel Foucault. Reprenant pour titre la célébrissime mention lisible au bas du tableau de René Magritte La Trahison des images, l’opuscule esquisse une série d’analyses de ladite peinture, de sa mise en abyme picturale intitulée Les Deux mystères, ainsi que d’un grand nombre d’œuvres du peintre surréaliste belge. Loin de l’hypothèse répandue selon laquelle l’intention de Magritte est de rappeler qu’entre un objet et sa représentation, il ne peut et ne doit y avoir confusion ontologique, le philosophe français préfère formuler la thèse déconcertante selon laquelle cette Trahison n’est que le vestige d’un calligramme défait.

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[COMPTE-RENDU] « La doctrine des bonnes intentions » de Noam Chomsky

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Noam Chomsky

Recueil de neuf interviews réalisées par David Barsamian entre mars 2003 et février 2005, La doctrine des bonnes intentions (Imperial Ambitions en anglais) constitue, pour le néo-lecteur chomskien, une excellente porte d’entrée dans la pensée politique du philosophe et linguiste américain. Loin de toute rhétorique universitaire rebutante et de toute forme de pensée abstruse, l’ouvrage déploie une série d’analyses simples et claires de la situation (géo)politique mondiale et, plus particulièrement, des politiques étrangères américaines au Proche-Orient. Au cœur, de cette critique, l’inoxydable tentation impérialiste américaine et, sa condition sous-jacente, l’endoctrinement des masses.

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