Bibliographie, filmographie, etc.

Bibliographie

Ouvrages cinématographiques

  • Jacques Aumont, « Faire du sens, tout de même », in A quoi pensent les films, Paris, éd. Séguier, 1996.
  • Jacques Aumont, L’Interprétation des films, Paris, Armand Colin, coll. « Cinéma / Arts Visuels », 2017.
  • Laurent Jullier, Analyser un film, de l’émotion à l’interprétation, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2012.

Ouvrages sémiotiques, philosophiques, psychanalytiques, etc.

  • Guy Deniau, Qu’est-ce qu’interpréter ?, Paris, Vrin, coll. « Champs philosophiques », 2015.
  • Umberto Eco, Les Limites de l’interprétation, Paris, Le Livre de Poche, coll. « Biblio essais », 1994.
  • Umberto Eco, Interprétation et surinterprétation, Paris, PUF, coll. « Formes sémiotiques », 2001.
  • Sigmund Freud, L’Interprétation du rêve [1899] in Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse, t. IVParis, PUF, 2004.
  • Hans-Georg Gadamer, Vérité et méthode. Les grandes lignes d’une herméneutique philosophique, Paris, Le seuil, coll. « L’ordre philosophique », 1996.
  • Hans-Georg Gadamer, La Philosophie herméneutique, Paris, PUF, coll. « Épiméthée », 1996.
  • Jean Grondin, L’Herméneutique, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2017.
  • Anne Sauvagnargue, « La critique de l’interprétation et la machine » in Deleuze et l’art, Paris, PUF, coll. « Lignes d’art », 2005.
  • Denis Thouard (éd.), Herméneutique contemporaine. Comprendre, interpréter, connaître, Paris, Vrin, coll. « Textes clés », 2011.
  • Isabel Weiss, L’Interprétation, Paris, Ellipses, coll. « Philo-notions », 2002. Cette étude est également disponible dans Jean-Pierre Zarader (dir.), Les Grandes notions de la philosophie, Paris, Ellipses, coll. « Ellipses poche », 2015.
  • Patrick Wotling (dir.), L’Interprétation, Paris, Vrin, coll. « Thema », 2010.
  • Marlène Zarader, Lire Vérité et méthode de Gadamer, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque d’histoire de la philosophie », 2017.

Articles


Filmographie


Citations

« Un même texte permet d’innombrables interprétations : il n’y a pas d’interprétation ‘juste’. »

Nietzsche, Oeuvre Philosophies Complètes, t. XII : Fragments Posthumes (Automne 1885 – Automne 1887), Gallimard, coll. « NRF », p. 48.

« Il faut faire attention à tout, car on peut tout interpréter. »

Herman Hesse, Le Jeu des Perles de Verre, Paris, Le Livre de Poche, 2008 [1943], p. 140.

« – Ah ! si seulement on pouvait acquérir le savoir s’écria [Joseph] Valet. S’il y avait une doctrine, quelque chose à quoi l’on pût croire ! Tout se contredit, tout se dérobe, il n’y a nulle certitude nulle part. On peut tout interpréter dans un sens comme dans le sens opposé. […] N’existe-t-il donc pas de vérité ? N’y a-t-il donc pas une doctrine qui soit authentique et valable ? »

Herman Hesse, Le Jeu des Perles de Verre, op. cit., p. 142.

« Jamais une chose n’a un seul sens. Chaque chose a plusieurs sens qui expriment les forces et le devenir des forces qui agissent en elle. Bien plus : il n’y a plus de « choses », mais seulement des interprétations, et la pluralité de sens. Des interprétations qui se cachent dans d’autres, comme des masques emboîtés, des langages inclus les uns dans les autres. M. Foucault nous l’a montré : Nietzsche invente une nouvelle conception et de nouvelles méthodes d’interpréter. D’abord en changeant l’espace où les signes se répartissent, en découvrant une nouvelle « profondeur » par rapport à laquelle l’ancienne s’étale, et n’est plus rien. Mais surtout en substituant au rapport simple du signe et du sens un complexe de sens, tel que toute interprétation est déjà celle d’une interprétation, à l’infini. Non pas, alors, que toutes les interprétations aient la même valeur et soient sur un même plan. Au contraire, elles s’étagent et s’emboîtent dans la nouvelle profondeur. Mais elles cessent d’avoir le vrai et le faux comme critère. Le noble et le vil, le haut et le bas, deviennent les principes immanents des interprétations et des évaluations. A la logique se substituent une topologie et une typologie : il y a des interprétations qui supposent une manière basse ou vile de penser, de sentir et même d’exister, d’autres qui témoignent d’une noblesse, d’une générosité, d’une créativité…, si bien que les interprétations jugent avant tout du « type » de celui qui interprète, et renoncent à la question « qu’est-ce que ? » pour promouvoir la question « Qui ? ». »

Gilles Deleuze, « Conclusion sur la Volonté de puissance et l’éternel retour », Cahiers de Royaumont n° VI : Nietzsche, Paris, Les Éditions de Minuit, 1967, p. ???, repris dans Gilles Deleuze, L’Île déserte. Textes et entretiens 1953-1974, édition préparée par David Lapoujade, Paris, Les Éditions de Minuit, 2002, p. 165.

« Nous ne cherchons plus à interpréter, et à dire que que ceci veut dire cela. Mais surtout nous cherchons encore moins une structure, avec des oppositions formelles et du signifiant tout fait. […] Nous ne croyons qu’à une expérimentation de Kafka, sans interprétation ni signifiance, mais seulement des protocoles d’expérience… »

Gilles Deleuze et Félix Guattari, Kafka. Pour une littérature mineure, Paris, Éd. de Minuit, 1975, p. 14.

« Il y a des interprètes partout. Chacun parle sa langue même s’il connaît un peu la langue de l’autre. Les ruses de l’interprète ont un champ très ouvert et il n’oublie pas ses intérêts. »

Jacques Derrida, Limited Inc. Paris, Galilée, 1990, p. 79, cité par Laurent Binet en épigraphe de La Septième Fonction du langage, Paris, Le livre de Poche, 2015.

« Nous avons la même passion pour la peinture ; comment se fait-il qu’au moment d’interpréter certaines œuvres, nous puissions être aussi loin l’un de l’autre ? Je ne prétends pas que les œuvres n’auraient qu’un seul sens et qu’il n’y aurait donc qu’une seule « bonne » interprétation. Ça, c’est Gombrich qui l’a dit, et tu sais ce que j’en pense. Non, ce qui me préoccupe, c’est plutôt le type d’écran (fait de textes, de citations et de références extérieures) que tu sembles à tout prix, à certains moment vouloir interposer entre toi et l’œuvre, une sorte de filtre solaire qui te protégerait de l’éclat de l’œuvre et préserverait les habitudes acquises dans lesquelles se fonde et se reconnaît notre communauté académique. »

Daniel Arasse, On n’y voit rien. Descriptions, Paris, Folio, coll. « Essais », 2003, p.11-12.

« Interpréter ! Voilà un vilain mot. Je n’aime pas vous entendre parler ainsi, vous m’ôtez toute certitude. Si tout dépend de mon interprétation, qui me garantit que j’interprète convenablement ? Tout n’est-il pas alors livré à mon arbitraire ? »

Freud, « La question de l’analyse profane. Entretiens avec un homme impartial » [1926], dans Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse, t. XVIII, Paris, PUF, 1994, p.44.

« Toute interprétation s’efforce d’ouvrir un dialogue avec le philosophe, l’artiste ou le poète qu’elle interprète. Mais un vrai dialogue suppose que chacun des interlocuteurs défende un point de vue propre. L’échange et la compréhension mutuelle réclament distinction et distance. On le voit bien dans l’expérience quotidienne : un point de vue commun – et trop commun – n’y engendre que bavardages et répétitions. Il y manque celle tension que font naître les vraies différences, et que le dialogue veut surmonter. Non qu’il l’efface réellement ; car elle doit être acceptée et reconnue. Et nous commençons à la reconnaître dans l’étonnement que toute œuvre créatrice suscite en nous. L’étonnement ne saurait se comparer à ce refus que nous opposons à la vue d’une quelconque aberration dont nous comprenons aussitôt qu’à la lettre elle ne saurait nous toucher : l’étonnement, au contraire, est déjà attirance, bien qu’une attirance nuancée encore de cette réserve qui, en nous, accueille tout ce que nous ne connaissons pas. L’étonnement renverse les premières barrières ; il permet que son objet nous interpelle et nous prépare ainsi à le comprendre. L’étonnement n’est pas seulement une condition du dialogue, il en est déjà le commencement, fût-il muet. Pourtant, il faut qu’il fraye au dialogue un chemin vers la parole. Il n’y réussit pas toujours, et cet échec ne signifie donc pas forcément que tout contact avec l’œuvre nous ait été refusé ; c’est ce qui advient souvent à la rencontre d’une œuvre d’art : elle nous a atteints et nous a transformés, et, cependant, nous ne savons pas ce qui en elle s’est adressé à nous et comment nous lui avons répondu. Mais l’ordre de la pensée est essentiellement lié au langage : en cet ordre, l’interpellation et la réponse qui lui est faite doivent nécessairement s’énoncer ; cela d’ailleurs n’exclut pas mais inclut que le langage puisse se montrer rebelle à nos efforts et que nous ayons à lutter contre lui.

Puisque toute interprétation développe les questions que fait surgir le point de vue propre de l’interprète, nous avons à saisir ce point de vue. Cette saisie seule nous permettra d’apprécier la force de l’interprétation.

Il est sans doute caractéristique de toutes les grandes œuvres humaines qu’elles tolèrent ou même exigent d’être comprises de diverses manières. Cela signifie qu’elles donnent une réponse à toutes les questions qu’elles font naître, qu’elles fournissent une issue à toutes les voies par lesquelles on s’efforce de les pénétrer. Elles peuvent ainsi vivre à travers les siècles, non parce qu’elles sont équivoques ou obscures, mais parce que leur richesse est si grande qu’elles rendent légitimes et fécondes les perspectives multiples sous lesquelles elles sont abordées et qu’elles paraissent appeler.

Mais souvent l’interprète néglige d’exprimer le point de vue propre auquel parfois, parce qu’il tient ce point de vue pour le seul qui soit adéquat et considère qu’il ruine tous les autres. L’histoire a tôt fait de juger cette prétention : les anciennes interprétations conservent leur prestige, de nouvelles surgissent. Cette succession ne confère aucun droit particulier, aucun privilège à la dernière née. S’il y a un sens à parler d’un tel privilège, on l’accordera plutôt à l’interprétation qui accède à la totalité de l’œuvre interprétée, et qui en découvre la rigueur interne ; à celle surtout qui, en nous prouvant que l’existence et l’apparition de cette oeuvre étaient historiquement nécessaires, nous explique son action. L’authenticité d’une interprétation se mesure aux possibilités nouvelles que, dans l’œuvre, elle met au jour, menant ainsi cette œuvre comme delà d’elle-même. »

Alphonse de Waelhens et Walter Biemel, « Introduction » in Heidegger, Kant et le problème de la métaphysique [1929], trad. fr. A. de Waelhens et W. Biemel, Paris, Gallimard, coll. « NRF », 1953, p. 9-10.

« Toutefois, une interprétation, qui se borne à reprendre ce que Kant [dans la Critique de la raison pure] a dit explicitement, est condamnée d’avance à n’être pas une explication authentique, si la tâche de celle-ci consiste à faire voir clairement ce que Kant, au delà de ses formules expresses, met en lumière dans son instauration du fondement. Certes, Kant n’a pas pu dire cela expressément. Mais l’essentiel de toute connaissance philosophique ne repose pas en premier lieu sur les propositions explicites dont elle est faite mais sur ce reste encore inexprimé, bien que rendu présent à travers les thèses explicites.

Aussi l’intention principale de la présente interprétation de la Critique de la raison pure était-elle de rendre sensible le contenu capitale  de cet ouvrage en s’efforçant de mettre en évidence ce que Kant « a voulu dire ». Ce faisant, notre interprétation s’inspire d’une maxime [de l’ouvrage intitulé D’une découverte d’après laquelle toute nouvelle Critique de la raison pure doit être rendue inutile par une plus ancienne] que Kant lui-même voulait voir appliquée à l’interprétation des travaux philosophiques […].

[…] Il est vrai que pour saisir au-delà des mots de que ces mots veulent dire, une interprétation doit fatalement user de violence. Mais cette violence ne peut se comprendre comme un arbitraire fantaisiste. L’interprétation doit être animée et conduite par la force d’une idée inspiratrice. La puissance de cette idée permet seule à l’interprète le risque, toujours présomptueux, de ses confier à l’élan secret d’une œuvre, pour s’attacher à ce qu’elle n’exprime pas et tenter d’en trouver l’expression. L’idée directrice elle-même se confirme alors par la puissance d’éclairement. »

Heidegger, Kant et le problème de la métaphysique [1929], trad. fr. A. de Waelhens et W. Biemel, Paris, Gallimard, coll. « NRF », 1953, p. 255-256.

On retrouve cette citation, dans une traduction différente et sous une forme diminuée, dans Erwin Panosky, « Contribution au problème de la description d’œuvres appartenant aux arts plastiques et à celui de l’interprétation de leur contenu » in La Perspective comme forme symbolique et autres essais, trad. fr., Paris, Les Éditions de Minuit, 1976, p. 248.